vendredi 8 mars 2013

La fleur de Joseph




Le bâton orné d’une fleur, à l’instar de celui du grand prêtre Aaron, est un symbole éclairant de l’iconographie joséphienne. Le cardinal Ratzinger le rappelait en 1995, en mentionnant une étude récente, dans un commentaire sur l’incarnation. À propos de l’annonce faite à Joseph, il notait : « Portant un bâton fleuri, saint Joseph est présenté comme grand prêtre, comme archétype de l’évêque chrétien. Marie, elle, est l’Église vivante » (Dieu nous est proche. L’Eucharistie au cœur de l’Église, Parole et Silence, 2003, p. 15). 

Saint Joseph - prêtre - Eglise - Christ



Dans l’imposant arc triomphal de la basilique romaine Sainte-Marie Majeure, une séquence de mosaïques résume l’enfance du Christ ; Joseph, recevant l’annonce de l’ange devant le sanctuaire (image de Marie), est représenté avec ce bâton fleuri que la Torah attribue au frère de Moïse et les évangiles apocryphes à l’époux de Marie. La fleur indique la grâce de l’élection divine, qui garantit l’espérance des fruits éternels (Nombres 17, 20 et 23).
Le sacerdoce israélite faisait partie de ces dons féconds ; la tradition juive, à bon escient, avait associé le bâton fleuri d’Aaron avec le Saint des Saints et l’Arche de l’Alliance.
Le Messie promis était le don définitif ; sur le « rejeton de Jessé » (Isaïe 11,1) reposera l’Esprit. Le christianisme primitif, dans le Protévangile de Jacques (chap. 9), applique cette prophétie à la légende sur le choix de Joseph comme époux de la Vierge Marie.

Par la suite, de Padoue à Istanbul, l’iconographie médiévale a maintenu le même motif, emprunté dès lors à la Légende Dorée. Le lys dans la main de Joseph, signe de sa chasteté fidèle, est plus tardif.

 « Joseph est le rejeton fertile… il étend ses branches » (Gn 49, 22), prédit la bénédiction ancienne. Saint Josémaria notait : " Joseph, en hébreu, signifie Dieu ajoutera. Dieu ajoute à la vie sainte de ceux qui accomplissent sa volonté des dimensions insoupçonnées: l'important, ce qui donne valeur à toute chose, le divin. A la vie humble et sainte de Joseph, Dieu ajoutera, si je puis dire, la vie de la Vierge Marie et celle de Jésus notre Seigneur. " (Quand le Christ passe §40).

Il a été choisi pour préparer le sacerdoce et la royauté du Messie ; Patriarche au seuil de la Nouvelle Alliance, Joseph est comme un symbole vivant de la plénitude de Jésus. Comme chef de la nouvelle famille des enfants de Dieu, Joseph administre les « prémices du salut » (Missel Romain, messe de la solennité, 19 mars) : il fait grandir le corps et l’âme de Jésus et, en amont, de toute la famille ecclésiale.

La Sainte Famille était déjà une Église domestique : dans ce noyau embryonnaire, plein de vitalité spirituelle, se trouvaient les éléments essentiels. 
Jésus est nourri, tout en étant la source de vie ; 
Marie est le principe maternel ; 
Joseph, le principe paternel par adoption. 

Sans être apôtre ni prêtre, il anticipait le ministère pastoral et sacerdotal. « Joseph, le juste, est appelé à être l’intendant des mystères de Dieu, — père de famille et gardien du sanctuaire qu’est la Vierge et du Logos en elle. De cette manière, il devient l’image de l’évêque à qui la fiancée est confiée » (J. Ratzinger, ibid.).

Aujourd’hui comme hier, Joseph veille sur le Corps du Christ et sur ses pasteurs. 
Nous lui confions l’élection du prochain pape.

Par l'abbé Fernandez.

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