jeudi 7 mars 2013

Lettre ouverte à grand-papa…Benoît XVI


 
Benoit XVI - Pape émerite - Successeur de Pierre - Année de la foi - prêtre - PèreCela fait un moment que je veux écrire une lettre à Benoît XVI en m’inspirant de celle d’un jeune professeur de littérature italienne publiée dans un journal italien à l’occasion de la renonciation. Il s’agit d’Alessandro D’Avenia, qui à ses heures perdues, écrit aussi des livres [1].
Sa lettre est à la fois pleine d’affection filiale, et porte un regard profondément théologique sur la papauté.
Comme prêtre itinérant de l’Opus Dei, le temps m’échappe souvent des mains, et ma lettre est restée un simple désir. Hier soir, en attendant un train sur le quai de la gare de Rouen pour revenir à mon camp de base parisien, une conversation avec un ami a réveillé ce désir. Le voilà assouvi entre deux itinérances.
 

Cher Benoît XVI,

 Permettez-moi de vous appeler grand-papa. Maintenant que vous n’êtes plus pape, et donc plus le papa de tous les chrétiens en communion avec le successeur de Pierre, vous devenez pape émérite, et donc grand-papa. Vos mots lors de votre dernière audience nous poussent à vous considérer comme grand-papa. En effet, vous nous disiez : « … je vous ai aimés tous et chacun, sans distinction, avec cette charité pastorale qui est le cœur de tout Pasteur, surtout de l’Évêque de Rome, du Successeur de l’apôtre Pierre. Chaque jour, j’ai porté chacun de vous dans la prière, avec le cœur d’un père ». Maintenant que vous vous retirez pour laisser la place à un autre père, vous aurez un cœur de grand-père pour nous !
 
  En cette année de la foi, Dieu va nous donner un nouveau pape pour nous soutenir par sa prière et sa sollicitude pastorale, avec un cœur de père. Quelle générosité celle de notre Dieu ! Nous allons avoir bientôt un papa et un grand-papa ! Et comme tout grand-papa, vous serez discret mais non moins influent sur vos petits-enfants : vous le serez à la façon de saint Joseph. Ces mots de Bossuet me semblent tout à fait adaptés pour comprendre la situation de l’Église, qui bientôt aura un pape et un pape émérite : « Jésus est révélé aux apôtres pour l’annoncer par tout l’univers ; Joseph pour le taire et le cacher. Les apôtres sont des lumières et Joseph un voile pour le couvrir. Vie cachée en Dieu, quel mystère ! » Votre élection en avril 2005 vous avait mis en avant, pour annoncer publiquement à tous les hommes : Dieu, le Christ et la joie d’être chrétien ; maintenant, vous êtes appelé à entrer dans la vie cachée de Jésus, avec comme modèle saint Joseph.
 
 Paternité publique et paternité cachée, non pas privée, comme vous nous l’avez dit dans votre dernière audience : « Toujours — celui qui assume le ministère pétrinien n’a plus aucune vie privée. Il appartient toujours et totalement à tous, à toute l’Église. La dimension privée est, pour ainsi dire, totalement enlevée à sa vie […] Le « toujours » est aussi un « pour toujours » — il n’y a plus de retour dans le privé. Ma décision de renoncer à l’exercice actif du ministère, ne supprime pas cela. … Je ne porte plus le pouvoir de la charge pour le gouvernement de l’Église, mais dans le service de la prière, je reste, pour ainsi dire, dans l’enceinte de saint Pierre ». Nous pouvons compter sur votre prière. Probablement, nous n’aurons pas le droit à des propos publiques qui nous serons adressés, mais nous pourrons aller puiser dans votre riche enseignement les conseils qui étaient ceux d’un père pour ses enfants, et deviennent maintenant ceux d’un grand-père pour ses petits-enfants.
 
 Merci grand-papa pour tout ce que vous avez fait pour nous jusqu’au 28 février, alors que vous étiez encore pape. Merci pour tout ce que vous avez commencé à faire pour nous depuis comme pape émérite, dans votre silence que, comme l’écrit un ami écrivain, « le monde appelle déjà défaite, subterfuge, fuite, et qui est en fait victoire ».
 
 La victoire du Christ qui s’est retiré pour laisser la place au Paraclet, qui par sa puissance le rend présent à tous les temps et dans tous les lieux ! Avec toute mon affection de petit-fils,
 
Abbé Fabio Quartulli


[1] Il a publié en français Blanche comme le lait, rouge comme le sang, que l’on trouve en livre de poche.

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