jeudi 18 avril 2013

« Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes »

Promenez-vous de nuit dans des sables mouvants ou dans un champ de mines, sans aucun repère. Angoisse assurée !

Éduquer un enfant, former un jeune, c'est lui donner les clés et les repères de la vie pour lui permettre d’être vraiment libre ; qu'il puisse dire « je veux ceci ». Un « je veux » qui soit en adéquation avec la vie, avec la vérité.


Des idéologies puissantes s’évertuent aujourd'hui à mettre en pièces, de façon très systématique et organisée, les repères les plus essentiels de la vie : la « déconstruction des stéréotypes » (de genre en particulier), l’enseignement obligatoire et acharné de la théorie du gender, sont devenus des priorités absolues.


Au nom de l’égalité des droits (du plus fort), on néglige et on bafoue l’égalité des droits (du plus faible). Niant et ignorant ainsi, par exemple, le droit absolu (et élémentaire !) d’un enfant à naître d’un père et d’une mère.


L'avortement, déjà tellement répandu qu'il semble désormais impossible et interdit d’en contester le principe (n’est-il pas à présent remboursé à 100% ?) ; les manipulations génétiques sur les embryons ; le véritable commerce, qui se répand, d’enfants fabriqués sur commande… Stop ! Inutile de se risquer à une liste exhaustive : on a déjà le tournis. Et le vertige. Car tout ceci existe d’ores et déjà, et promet mieux encore dans un avenir proche.


Non, je ne peux pas ; je ne dois pas l’accepter.


Ma conscience m’oblige à la résistance et à la contestation de ces droits qui ne sont en réalité que des abus de pouvoir, aux conséquences incalculables.


- Mais, mon Père, m’a-t-on déjà dit, ne faut-il pas laisser maintenant la démocratie faire son œuvre, puisque tout cela est voté, ou presque, par des assemblées légitimes ?


 - Non. Vraiment non. Outre que l’on peut poser la question de la légitimité véritable de ce qui se fait au Parlement (!), quoi qu'il en soit, les générations futures me demanderont des comptes, comme la nôtre en demande à ceux qui nous précèdent à propos des atrocités commises au XXème siècle. Vous saviez, et vous n’avez rien fait ? Vous étiez conscients des enjeux et, par peur des conséquences ou – pire ! – par paresse, vous n’avez rien dit ? Non. Je protesterai et je me sens le devoir d’utiliser tous les moyens à ma portée pour manifester mon désaccord. Y compris les manifestations dans la rue.

Pour dire la vérité, je suis inquiet. Je redoute, c'est vrai, la montée de la violence de certains, fruit d’une exaspération bien compréhensible. Je n’accepte pas cette violence, quelle qu'elle soit, et ne la légitimerai jamais. Tugdual Derville* (Alliance Vita) le répète sur tous les tons : seule la non-violence et la paix intérieure nous permettront de l’emporter sur les forces du mensonge. Parmi de nombreux exemples que les saints nous offrent dans l’histoire, je retiens celui du jeune et intrépide Cardinal Wojtiła, qui obtint enfin, après 20 ans de résistance pacifique, accroché à la croix qu'il avait planté là, une église pour les chrétiens de Nova Huta. Mais on peut aussi citer Gandhi ou, plus récemment, Aung San Suu Kyi en Birmanie. Et tant d’autres !


Il ne faut ménager aucun effort pour tenir ces deux bouts : l’impossibilité de laisser faire (ma conscience me l’interdit) ; et l’impérieuse nécessité de réprimer toute violence, contre qui que ce soit, en pensée, en parole ou par action. À commencer par celle qui ne manquera pas de naître en moi, mais aussi, autant qu'il dépend de moi, celles dont je pourrais être témoin.


Pour cela, plus que jamais, il me semble qu'il est urgent de suivre d’abord le conseil de Jésus : je crois venu le temps où nous ne pouvons plus mégoter avec la prière et le jeûne.

Tout de même, l’extraordinaire liberté dont Dieu fait preuve dans l'Église aujourd'hui, ainsi que la beauté et la force de la génération qui se lève sous nos yeux sont pour moi sources inépuisables d’Espérance. J'aimerais tellement communiquer cette Espérance autour de moi !


Notre-Dame de France, priez pour nous !


Père Potez - Prêtre - DPTN - Famille- Espérance - Prière


Par le Père François Potez, ordonné en 1989.
Curé à Notre Dame du Travail depuis septembre 2007 – Paris XIVème.

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