jeudi 11 juillet 2013

La dévotion mariale

Les câbles de Notre Dame


En Marie « le croyant est totalement engagé dans sa confession de foi » (pape François, encyclique La Lumière de la foi §59). Les poètes chrétiens, inspirés par la Bible, n’ont pas hésité à chanter la « Fleur du Carmel,  Vigne en fleur, Splendeur du ciel, Étoile de la mer », afin de louer, dans la gloire de l’Église, la fécondité évangélisatrice de Marie.

Une dévotion mariale se rattache aux Lieux Saints de l’Ancien Testament, théâtre du zèle pour le Dieu Unique d’Israël. L’ancien blason de l’Ordre du Carmel représente, en effet, autour de la silhouette stylisée de la montagne, couronnée par la croix,  trois étoiles de six pointes : elles symbolisent la Vierge Marie et les deux prophètes Élie et Élisée, témoins courageux de la foi.

« La dévotion à la bienheureuse Vierge du Mont Carmel est indiquée comme modèle de prière, de contemplation et de dévotion à Dieu » (Benoît XVI, Angélus, 16 juillet 2006). En France, cette dévotion, qui remonte à la présence de l’Ordre Carmélitain au moyen âge, s’est renforcée après la réforme de Thérèse d’Avila, avec les premières communautés parisiennes au Faubourg Saint-Jacques (1604) et à Saint-Joseph de Vaugirard (1620) ; par la suite, des tableaux montrent Marie offrant le scapulaire aux fidèles.

Sainte Vierge - DPTN - Rosaire - Scapulaire
 
 
Au Jura, dans la cathédrale de Saint-Claude, dédiée aux apôtres Pierre, Paul et André, une toile baroque, d’auteur inconnu (vers 1680), l’associe encore aux quinze mystères du rosaire.

Le port du scapulaire du Carmel est devenu dévotion universelle : signe visible de la confiance en Marie, qui prie pour nous à chaque instant « et jusqu’à l’heure de notre mort ». Dans sa simplicité, c’est le symbole d’un habit : celui de la grâce du Christ, de la veste des noces éternelles.

« Le signe du Scapulaire constitue une synthèse éloquente de la spiritualité mariale » (Jean-Paul II, Message, 25 mars 2001). Il engage à la  prière, à l’exercice loyal des vertus et des sacrements, à la miséricorde fraternelle ; il rappelle la grâce de la persévérance finale. Ce signe d’alliance  filiale est « un trésor pour toute l'Église » (Ibidem).

On a pu comparer le chapelet à une « chaîne » qui nous relie au Christ, à Marie et à nos frères (Jean-Paul II, Lettre Le Rosaire de la Vierge Marie §36) ; près de notre cœur, le scapulaire nous relie aussi à la puissante protection de la Mère de Dieu.

Au milieu du pèlerinage terrestre le chrétien rencontre le péché, la lutte, le doute ; les signes visibles de dévotion nous rappellent que telles vicissitudes ne sont pas le fruit d’un hasard cruel. La foi nous « assure que cette complexité peut être traversée par le nerf de l'amour de Dieu, par ce câble, robuste et indestructible, qui relie notre vie sur terre à la vie définitive dans la Patrie » (saint Josémaria, Quand le Christ passe §177).

Dans les moments arides, les dévotions mariales sont nuée féconde ; dans les tribulations, rosée apaisante.

Par l'abbé Fernandez.

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