lundi 8 juillet 2013

Il avait Dieu au bout de sa foi.


L’apôtre touchant


 
L’Année de la foi, dans les fêtes des apôtres, nous rapproche des géants du croire, « qui ont marqué ces deux mille ans de notre histoire de salut… » (Benoît XVI, lettre La porte de la foi §13). Après avoir fréquenté le Sauveur, ils ont cru en lui et l’ont annoncé partout, y compris dans des régions lointaines, comme Thomas.

DPTN - Thomas - Benoit XVI - Apôtre - Prêtres
 
Pour lui aussi le toucher a été la voie du salut. « Il a cru en palpant » les blessures du Ressuscité, observe saint Grégoire (Homélie 26 sur l’évangile §7), dans sa mémorable prédication pascale de l’an 591 à Saint-Jean du Latran. Le sens le plus rudimentaire peut devenir une voie de grâce.
 
 
L’intelligence, fermée à la foi, a été éclairée par le Verbe, moyennant les plaies de son Corps. La sculpture Renaissance d’André du Verrocchio (Florence, vers 1480) est une puissante réplique de cette scène.


Thomas a ressuscité à la foi. Jadis déçu et incrédule, il guérit au contact du Christ : le pessimisme  laisse la place à l’adoration fervente ; l’indifférence, au zèle. L’apôtre, ironisait St Augustin, n’avait pas d’yeux au bout de ses doigts (Homélie 121 sur l’évangile de saint Jean §5). Mais il avait Dieu au bout de sa foi.

De nos jours, le Christ a besoin, dans ce monde, de  témoins croyants et crédibles. Croyants par le rapprochement au Sauveur et aux frères ; crédibles par l’amour de Dieu et du prochain. Témoigner la foi est un acte d’amour ; l’Année de la foi est une aventure d’amour surnaturel, une « synergie entre nous et le Saint-Esprit, qui conduit au témoignage » (pape François, Veillée de la Pentecôte, 18 mai 2013) .

Avant de s’exprimer par la parole, le témoin parle avec sa vie auprès du Christ vivant. Près de sa gloire et de sa mort, pour comprendre à fond l’Évangile ; près de ses plaies, pour être saisi de son amour. L’évangélisateur se greffe dans le Rédempteur. L’expérience contemplative a trouvé dans les Saintes Plaies, tantôt un refuge, tantôt une source d’élan. « Par ta mort très amère, donne-moi la grâce d'une foi droite, d'une ferme espérance et d'une charité parfaite » (sainte Claire d’Assise, Prière à la plaie du Côté)..

Fort de cette contemplation, saint Josémaria a bien capté le lien entre le Semeur divin et les semailles du chrétien : « C’est avec joie, Seigneur, que nous nous trouvons dans ta main blessée. Serre-nous bien fort ! Presse-nous: fais que nous abandonnions toute notre misère terrestre ! Que nous nous purifions, nous enflammions, nous sentions imbibés de ton Sang ! — Et ensuite, lance-nous au loin, très loin, avec le désir de moissonner, de faire, par Amour pour toi, des semailles de plus en plus fécondes » (Forge §5).

 

Par l’abbé Fernandez.

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