jeudi 19 décembre 2013

Une présence silencieuse...


Bénie entre toutes

 

L’Avent de Marie n’est pas oisif. Dès que l’ange, après l’annonce de l’incarnation, a parlé d’Élisabeth, la Mère du Rédempteur comprend qu’un enfant regarde l’autre. Immédiatement la Vierge de Nazareth prend la route. La première évangélisatrice se mobilise.

Deux femmes alertes échangent saluts de paix. Deux filles d’Abraham couronnent les promesses. Leur étreinte affectueuse enlace l’ancienne et la nouvelle alliance. L’humble servante de Galilée, qui ne s’attarde pas sur ses titres de grandeur, reçoit des compliments inégalés : « bénie entre toutes les femmes… Mère de mon Seigneur » (Luc 1,42-43).

Beaucoup de femmes, tout au long de l’histoire du salut, ont préparé ce moment. Certaines, discrètes ; d’autres, célèbres. Les sages ont dépeint à loisir le profil enchanteur de la femme qui prie et travaille : « Bien des filles ont fait preuve de valeur ; mais toi, tu les surpasses toutes ! » (Proverbes 31,29).

Jean-Paul II s’adressait à la femme, la remerciant de son apport irremplaçable : « C'est en se donnant aux autres dans la vie de tous les jours que la femme réalise sa vocation profonde » (Lettre aux femmes, 1995, §12). En effet, les qualités féminines, reflétant la bonté divine, enrichissent la vie humaine. La femme, par son amour généreux, rend présent le Créateur.

La puissance du cœur entraîne. « La femme est appelée à donner à la famille, à la société civile, à l'Église, ce qui lui est caractéristique, ce qui lui est propre et qu'elle est seule à pouvoir donner : sa tendresse délicate, sa générosité infatigable, son amour du concret, sa finesse d'esprit, sa faculté d'intuition, sa piété profonde et simple, sa ténacité » (saint Josémaria, Entretiens §87).

Dans l’histoire d’Israël, les exploits guerriers de Déborah, l’intercession d’Esther, la subtilité de Judith ont suscité à juste titre l’enthousiasme : « Tu es la gloire de Jérusalem, la fierté d'Israël, l'honneur de notre race ! » (Judith 15,9).

Marie a aussi entendu parler d’autres femmes de sa lignée qui, à partir des temps d’Abraham, ont vécu la fidélité dans la vie ordinaire. Elle estime la persévérance de Sara, la retenue de Rébecca, les joies laborieuses de Rachel ; a entendu parler de Séphora, dévouée à Moïse ; connaît l’hospitalité d’Abigaïl envers David, autant que la fermeté de Susanne devant les harceleurs.

 
 
La rencontre d’Isaac et Rébecca a été représentée brillamment dans l’huile de l’Allemand F.-A. Bouterwek, après ses études à Paris (1841). Première à recevoir des bénédictions, la mère avisée de Jacob a été applaudie par ses contemporains : « Toi, notre sœur, deviens des milliers de dizaines de milliers ! Que ta descendance prenne possession des villes de ses ennemis ! » (Genèse 24,60).



Notre Dame accueille l’héritage de ses prédécesseurs et le porte au sommet dans sa maternité divine. La bénédiction qui renferme toutes les autres est le fruit divin de son sein. Sans bruit, dans le calme empressée de l’Avent, la Vierge mère est « Maîtresse d’espérance. Humainement parlant, sur quoi reposait cet espoir ? Qui était-elle, pour les hommes et pour les femmes d’alors ? Les grandes héroïnes de l’Ancien Testament, Judith, Esther, Déborah, obtinrent déjà sur la terre une gloire humaine, furent acclamées par le peuple, exaltées. Le trône de Marie, comme celui de son Fils, c’est la Croix. Et pendant le reste de son existence, jusqu’à ce qu’elle soit élevée aux cieux en corps et en âme, c’est sa présence silencieuse qui nous impressionne » (saint Josémaria, Amis de Dieu §286).

 

Par l’abbé Fernandez

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