mercredi 16 juillet 2014

Les Saints de la santé







À la mi-juillet, le cycle sanctoral commémore saint Camille de Lellis, fondateur (en 1586) de l’ordre hospitalier des Clercs Réguliers pour les Malades, ordre contemporain des Frères de Saint Jean de Dieu (approuvés en 1572). Les deux fondateurs sont les saints patrons des malades et des professions de santé, civiles et militaires. Les œuvres de miséricorde sont  la première richesse de l’Église. Avant les croisades, les bénédictins créèrent l’hôtellerie Saint Jean l’Aumônier, à Jérusalem, qui fut le germe de nombreuses institutions vouées au soin des malades ; aujourd’hui encore, d’autres initiatives d’inspiration chrétienne sont à la pointe de la civilisation.
Le Rédempteur a proclamé la béatitude de ceux qui souffrent (Matthieu 5, 4) et promis le Royaume à ceux qui les aident (Matthieu 25, 34). Grâce à « l’Évangile de la souffrance », les chrétiens ont su reconnaître, « dans les traits du frère malade, la Sainte Face du Christ » (saint Jean-Paul II, La Douleur Salvifique, 1984 §3). Jésus ne dédaigne de s’identifier aux faibles : « J’étais malade et vous m’avez visité » (Matthieu 25, 36). Il assure la récompense à ceux qui les secourent avec compétence professionnelle, respect et affection. Notre Dame et les disciples ont soigné les plaies du Christ défunt ; Thomas a palpé les cicatrices du Christ glorieux. « Les plaies de Jésus sont visibles aujourd’hui encore sur le corps de tous nos frères qui ont faim, soif, qui sont nus, humiliés, esclaves, qui se trouvent en prison et à l’hôpital » (pape François, Méditation, 3 juillet 2013). Soigner ces plaies c’est rendre honneur au Sauveur.
La maladie, de par la dégradation physique et la douleur, est une épreuve morale ; le Seigneur la permet pour nous attacher davantage à sa rédemption. Pour le chrétien, le handicap devient bénédiction ; pour ses proches, stimulant de générosité. « Nous vous demandons de devenir une source de force pour l'Église et pour l'humanité. Dans le terrible combat entre les forces du bien et du mal, que votre souffrance unie à la Croix du Christ soit victorieuse ! » (saint Jean-Paul II,  ibidem §31). La foi éclaire le mystère de la maladie ; renforce la vérité de l’homme ; guide l’action des soignants. Jean-Paul II voulut qu’une Charte des personnels de santé précise les droits et les devoirs des uns et des autres. « Dans ce domaine, de délicats et graves problèmes de nature éthique surgissent, au sujet desquels l'Église et les chrétiens doivent, courageusement et lucidement, intervenir pour sauvegarder les valeurs et les droits essentiels connexes à la dignité et au destin suprême de la personne humaine » (saint Jean-Paul II, Le monde de la souffrance, 1985 §5). La vie naissante ou en déclin sont entre les mains de Dieu, mais aussi entre celles des soignants.
Avant d’être fondateur des Serviteurs des Malades, Camille de Lellis fut directeur d’hôpital. En tant que prêtre (1584), sous les conseils de saint Philippe Néri, il exerça son ministère à Rome en faveur des mourants : d’abord dans l’église Notre-Dame des Miracles, ensuite dans une autre, dédiée à Marie Madeleine, où repose son corps depuis 1614. Dans une chapelle latérale est vénérée l’icône de Marie, Santé des Malades, «  signe de salut et d'espérance aux yeux des malades » (Messe de Sainte Marie, Santé des malades, Préface). Sur la voûte, au-dessus du maître autel, une fresque montre la gloire de saint Camille, au milieu de chérubins et de saints. Le tableau qui servit de modèle (1742), œuvre du Provençal Étienne Parrocel, peut être admiré au Musée Calvet d’Avignon.
Benoît XIV, en le canonisant (1746), reconnut en saint Camille un nouveau maître de charité ; sa statue fut installée, avec celles d’autres fondateurs, à l’intérieur de la basilique Saint-Pierre du Vatican. « Voici la grande révolution chrétienne : convertir la douleur en une souffrance féconde ; faire d'un mal, un bien. Nous avons dépouillé le diable de cette arme... et, avec elle, nous conquérons l'éternité » (saint Josémaria, Sillon §887).

Par l'abbé Fernandez

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