vendredi 4 juillet 2014

Thomas s’avance au large


Le premier témoignage sur Thomas, « le jumeau », dans les évangiles semble un cri d’audace : « Allons-y, nous aussi, pour que nous mourions avec lui ! » (Jean 11, 16). Choisi comme apôtre par Jésus, il partageait volontiers les risques de sa mission. Enthousiasmé par le Royaume, à la Dernière Cène il s’inquiète sur le but à atteindre ; le Seigneur le rassure avec une claire feuille de route : « Je suis le chemin et la vérité et la vie » (Jean 14, 6).
Après la mort du Christ, un choc trop rude, Thomas est aigri. Il refuse l’optimisme de ses confrères. Sa déception est enfin effacée par les plaies du Sauveur. L’apôtre renaît. Thomas laisse alors un héritage ineffaçable : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jean 20, 28). De millions de fidèles le répètent, au cœur de la célébration eucharistique, à la grande élévation.
Inspirée par ces paroles, la liturgie s’exclame dans sa fête, le 3 juillet : « Tu es mon Dieu ! et je te célèbre ; mon Dieu, et je t’exalte » (Antienne d’ouverture : Psaume 118, 28). « Beau programme… pour un apôtre de ta taille », commente saint Josémaria à propos de la gloire de Dieu (Chemin §785). La devise de tout apostolat est de ne chercher que la gloire du Maître.
Le Ressuscité nous rend diligents. Il « a une force de vie qui a pénétré le monde. Là où tout semble être mort, de partout, les germes de la résurrection réapparaissent... Tout évangélisateur est un instrument de ce dynamisme » (pape François, exhortation La joie de l’Évangile §276).
Le serviteur, appelé à suivre les traces du Bon Pasteur, est prêt à annoncer le Royaume avec douce fierté. « Les Apôtres n’ont jamais oublié le moment où Jésus toucha leur cœur » (pape François, idem §13). La grâce ouvre les lèvres.
« Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (Matthieu 28, 19). Transformés par l’Esprit Saint, les apôtres avancent au large. « Évangélisateurs avec esprit veut dire évangélisateurs qui s’ouvrent sans crainte à l’action de l’Esprit Saint » (pape François, idem §259).  Leur voix résonne sur la terre entière.
Thomas est connu, selon d’importants témoignages, pour son zèle au-delà de l’Euphrate. Des communautés chrétiennes au sud-ouest de l’Inde se réclament de son apostolat. L’incrédule est devenu pilier de ses frères. La foi dépasse les frontières.
Parmi les écrits pieux sur la Dormition de Marie, un texte du Xe siècle (Transitus Mariae, version arabe §4) relie Thomas à l’Assomption : Notre Dame aurait offert sa ceinture à l’apôtre, en gage de foi. Le geste, repris au moyen âge par la Légende Dorée (chap. 115), a inspiré l’ancien vitrail quadrilobe de la paroisse de Beckley, dédiée à l’Assomption, dans l’Oxfordshire (1350), ainsi que plusieurs peintres et sculpteurs florentins.
La Reine des apôtres, conforte notre foi et notre zèle. Elle en premier « s’est laissé conduire par l’Esprit. Nous fixons aujourd’hui notre regard sur elle, pour qu’elle nous aide à annoncer à tous le message de salut » (pape François, idem §287). La familiarité avec Notre Dame fait grandir les qualités de l’évangélisateur : « proximité, ouverture au dialogue, patience, accueil cordial qui ne condamne pas » (pape François, idem §165).

Par l'abbé Fernandez

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