mardi 18 septembre 2012

Un don total


Célibat sacerdotal - don de soi - prêtres - vocations -Paul VI
 
 
Paul Olivier nous propose donc quelques réflexions sur le célibat apostolique, particulièrement sur le célibat des prêtres ; il insiste, dans un premier temps, sur les dimensions anthropologique, christologique et eschatologique de cet engagement.






 
  • Tout d'abord, le célibat a une dimension anthropologique : il est une des faces de l'amour humain, qu'une réflexion sur l'amour de l'homme et de la femme permet de mieux comprendre.
Aimer sa femme, pour l'époux ou aimer son mari, pour l'épouse, c'est découvrir bien évidemment la dimension personnelle de l'amour; or la découverte de cette dimension personnelle implique la découverte du mystère de l'autre: l'autre, comme personne, nous échappe, l'autre ne peut pas nous appartenir comme un objet, parce qu'il y a en lui une dimension irréductible d'infinité, qui exclut toute possession. Le mystère de l'autre personne renvoie ainsi inéluctablement à l'Autre, à cette présence de Dieu en elle, qui est le secret de toute personne. L'autre ne nous appartient pas, parce qu'il ne peut appartenir qu'à Dieu. Ainsi, aimer, en acceptant que l'autre soit de Dieu et pour Dieu, inclut un renoncement, une distance, qui laisse libre cours à la présence de Dieu. 

 
 
Le célibat est la réalisation nécessaire de cette dimension interne de distance et de renoncement que comporte toute relation conjugale et amoureuse. Sans le témoignage du célibat, l'amour conjugal risque de se perdre dans la jouissance et l'insignifiance. Le célibat sauve, en un sens, l'amour humain du repliement sur soi et de l'égoïsme; inversement, d'ailleurs la fécondité du couple, qui n'est pas seulement biologique, rappelle au célibat pour le Seigneur la nécessaire fécondité apostolique, sans laquelle le renoncement pour Dieu risquerait de n'être que mensonge ou illusion.
 
  • Ensuite, le célibat pour le royaume a une dimension christologique : il invite celui qui s'engage à le pratiquer dans la chasteté, à mieux suivre le Christ. 
La vie chrétienne de tout baptisé est fondamentalement imitation du Christ; mais cela  est encore plus vrai du prêtre. Le prêtre est un autre Christ, non seulement, comme tous les baptisés, spirituellement, mais réellement, puisqu'il agit, au moins dans ses fonctions sacramentelles, comme le Christ lui-même, in persona Christi. C'est pourquoi le prêtre plus que tout autre chrétien doit s'engager à imiter et à suivre le Christ dans toute sa vie, en se donnant comme Lui totalement au Père. C'est ce don total au Père, cette relation pleinement vécue au Dieu qui est en nous, que le célibat rend possible.

  • Enfin, le célibat a une dimension eschatologique : il témoigne du sens véritable du corps, promis à la vie éternelle
Le corps est une composante irréductible de la personne humaine, à la fois charnelle et spirituelle. Les corps ressuscités, n'ayant plus besoin de se reproduire, perdront l'exercice de la sexualité, mais non la dimension sexuelle elle-même, puisque hommes et femmes, dans la vie éternelle, conserveront leur être sexué. Les corps ressuscités seront comme des anges : non pas des anges mais comme des anges, et vivront une communion fraternelle en Dieu et par Dieu d'une manière inédite, qui réalisera pleinement la communion des personnes. Le célibat est, dès ici-bas, le témoignage et le signe que le corps, dans son être sexué, est fait pour la vie éternelle. Il ne s'agit pas d'un mépris ou d'un refoulement de la sexualité, comme le croient les imbéciles, mais, au contraire, d'une purification, d'un achèvement et d'une exaltation du corps.

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