vendredi 30 novembre 2012

Préparons l'arrivée du Seigneur - Neuvaine en l'honneur de l'Immaculée Conception

Par l'abbé Alphonse Vidal.

Le premier dimanche de l’Avent, le 2 décembre prochain, va ouvrir une nouvelle année liturgique qui, rappelons-le, se situe à l’intérieur de l’Année de la Foi, proclamée par le saint-père Benoît XVI.
 
Pour les lectures de chacune des messes dominicales, ce sera une année C, selon le plan mis en place par la réforme liturgique de 1969, à la suite du Concile Vatican II. Les années A et B, l’Église emprunte surtout ses textes au prophète Isaïe. En cette Année C, elle se tourne plutôt vers Jérémie et les prophètes mineurs liés à lui : Baruch et Sophonie.
C’est donc Jérémie qui va donner le ton, comme les premières mesures de l’ouverture d’un grand poème symphonique. Dieu invite Jérusalem, la nouvelle aussi, à la joie et à l’espérance, dans le droit fil des écrits du prophète.

En ce premier dimanche, nous trouverons quelques versets tirés du livre de la Consolation. Son message essentiel est l’annonce d’une nouvelle alliance que Dieu veut établir avec les hommes, fondée sur la religion du cœur et non seulement sur une pratique formelle et extérieure. Écoutons ce qu’il tient à nous dire une nouvelle fois par la bouche de son prophète. « Des jours viennent où je ferai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle. Non comme l’alliance que je conclus avec leurs pères le jour où je les pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte, alliance qu’eux ont rompue, quoique je fusse leur époux. Car voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là : Je mettrai ma loi au dedans d’eux. Et je l’écrirai sur leur cœur, et je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. » (Jr 31, 31-33)

Dieu commence déjà à préparer la nouvelle alliance que le Verbe incarné établira par sa passion et par sa mort sur la croix. Comme tous les autres textes choisis pour l’Avent, celui-ci ravive en nous la vertu d’espérance. Oui, vraiment nous espérons notre salut, nous attendons le Messie annoncé par les Prophètes, nous souhaitons ardemment ce salut et la vie nouvelle qu’il vient nous apporter. Tel est le message qu’année après année nous livre la liturgie de l’Avent.
 
Abordons ces semaines avec une grande espérance, mais aussi avec une grande rigueur, car c’est un temps de grâce. Saint Paul l’affirme dans la deuxième lecture de la messe : « Au reste, frères, nous vous en prions et supplions par le Seigneur Jésus ; vous avez appris de nous comment il faut se conduire pour plaire à Dieu, et ainsi vous le faites ; marchez donc de progrès en progrès. » (1 Th 4,1) Nous, qui ne sommes que de pauvres pécheurs, nous pouvons néanmoins faire des choses qui plaisent à Dieu et font sa joie. Grâce à notre baptême et à l’éducation chrétienne que nous avons reçue, c’est sans doute déjà le cas. N’hésitons pas à en remercier le Seigneur, car notre fidélité chrétienne est certainement le plus grand don qu’il nous ait fait. Or, saint Paul ajoute : faites-y des progrès encore. Dans la vie spirituelle, nous devons toujours avancer, sans nous contenter des résultats déjà obtenus. Selon l’affirmation de saint Augustin, celui qui n’avance pas recule forcément. Essayons de marcher de progrès en progrès pendant les semaines qui viennent. Autrement dit, facilitons la tâche du Saint-Esprit qui souhaite vivement écrire sur nos cœurs la sainte loi de Dieu, loi de la charité et de l’amour.

L’Avent cristallise plusieurs siècles d’attente, d’où un ton général dominé par le sens de l’urgence, un peu dans l’esprit de la parabole des dix vierges. « Voici l’époux ! Allez à sa rencontre » (Mt 25, 6). Commençons peut-être ce temps de préparation par un bon examen de conscience. À l’heure actuelle, n’y aurait-il pas dans ma vie, donc dans mon cœur, un obstacle qui me sépare ou m’éloigne de Dieu ? Tel qu’un sentiment de rancune, des désirs peu droits, une mauvaise habitude, des omissions dans ma pratique chrétienne. Autrement dit, mon cœur est-il fin prêt pour recevoir l’Enfant qui va naître, sachant pertinemment que c’est surtout dans mon cœur qu’il veut naître ?
 
C’est pourquoi l’Avent est un temps de purification personnelle, de pénitence et d’expiation, dans un esprit joyeux et optimiste. « Un enfant nous est né, venons, adorons-le ». Nous pourrions peut-être prendre comme résolution pour les semaines qui viennent d’aviver notre esprit de mortification chrétienne : de petites privations alimentaires, plus d’ardeur au travail, le sourire, l’esprit de service en renonçant à notre confort personnel et tant d’autres pratiques qui se situent dans le droit fil des enseignements de notre Seigneur et qu’il est toujours heureux de trouver dans notre vie et dans notre cœur.

Notre Mère la Vierge Marie est logiquement au cœur de ce temps d’attente. Partageons-le avec elle, par le soin apporté à nos pratiques de dévotion mariale. À commencer par la neuvaine en l’honneur de sa Conception Immaculée, qui a débuté le jour de la fête de l’apôtre saint André, le 30 novembre. Marie fera le nécessaire pour que notre cœur soit prêt et qu’ainsi ces fêtes de Noël comblent nos désirs de fidélité et de bonheur.
 
Immaculée Conception - Avent - Sacerdoce - Année de la foi - Benoit XVI
Rubens - L'Immaculée Conception
 
 
Chaque jour de la neuvaine (30 novembre - 8 décembre 2012), la prière ci-dessous :
 
O Marie conçue sans péché, Chef d’œuvre du Créateur, Miroir sans tâche de l’activité de Dieu,
luttez avec nous contre le mal qui abîme la Création et altère en nous l’image divine.
Aidez-nous à respecter et à protéger la vie de tout homme, de sa conception à sa fin.
Donnez-nous de porter des fruits de Justice et de Sainteté que Dieu attend.
Mère très aimante, veillez à ce que les ressources naturelles soient exploitées avec sagesse,
et leurs fruits justement partagés.
Guérissez-nous de nos convoitises, de nos désirs superflus et de notre indifférence
envers les plus pauvres.
Préservez-nous des calamités, des catastrophes et des guerres fratricides.
Que par votre intercession le règne d’Amour du Christ s’étende dans tout l’univers. Amen.
 
 
Puis, un Notre Père, 10 Je Vous Salue Marie, 1 Gloire au Père et 3 fois l'invocation suivante :
 
"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous"
     

 

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