vendredi 22 mars 2013

« Ni à droite, ni à gauche, en haut ! »


Comme les juifs du premier siècle quand Jésus entre à Jérusalem, nous aimerions voir en Jésus un manager politique qui, sans regarder à droite ou à gauche, ne fasse que le Bien dont son peuple a besoin. 

Ces derniers jours, avec l’élection de notre Bon Pape François, les rameaux s’agitaient aussi dans la joie. Les titres annonçaient un homme tour à tour progressiste et traditionaliste, proche des pauvres et combattant l’avortement, respectueux du principe séculier de la politique et s’opposant durement au mariage dit homosexuel, favorable à la liberté d’entreprendre et critiquant fortement le capitalisme ultralibéral. 

Mais, comme écrivait un commentateur canadien (M.C), « l’Eglise ne regarde ni à droite ni à gauche, elle regarde en haut ».

C’est ce que le Pape essayait de faire comprendre lors de sa première audience aux journalistes. (Il les a invités avec leurs familles ; au milieu des caméras de tous les pays, les enfants petits se baladant ravis). Il leur disait ; « Un remerciement particulièrement chaleureux va à ceux qui ont su observer et présenter ces évènements de l’histoire de l’Église en tenant compte de la perspective plus juste dans laquelle ils doivent être lus, celle de la Foi. Les évènements de l’histoire demandent presque toujours une lecture complexe, qui parfois peut aussi comprendre la dimension de la Foi. Les évènements ecclésiaux ne sont certainement pas plus compliqués que les évènements politiques ou économiques ! Cependant ils ont une caractéristique fondamentale particulière : ils répondent à une logique qui n’est pas principalement celle des catégories, pour ainsi dire, mondaines, et justement pour cela il n’est pas facile de les interpréter et de les communiquer à un public vaste et varié. En effet l’Église, tout en étant certainement aussi une institution humaine, historique, avec tout ce que cela comporte, n’a pas une nature politique, mais essentiellement spirituelle : elle est le Peuple de Dieu, le saint Peuple de Dieu, qui marche vers la rencontre avec Jésus Christ. C’est seulement en se mettant dans cette perspective qu’on peut rendre pleinement raison de ce que l’Église catholique accomplit. » 

 Le Pape ne devrait pas pouvoir être enfermé dans les catégories que l’on utilise habituellement pour parler du monde socio-politique. Elles disent quelque chose de juste pourtant mais partiel trop souvent. Le Pape, et les saints avec lui, ne peuvent être réduits à l’un des paradoxes cités plus haut. En fait, ils les assument tous en même temps  en une combinaison d’actes Bons, Beaux et Vrais que Jésus-Christ a personnifiés. 

« Le Christ est le centre. Le Christ est la référence fondamentale, le cœur de l’Église. Sans lui, Pierre et l’Église n’existeraient pas et n’auraient pas de raison d’être. Comme l’a répété plusieurs fois Benoît XVI, le Christ est présent et guide son Église » (même audience). C’est seulement à partir de cette perspective que tous les apparents paradoxes trouvent à se résoudre ; dans la profondeur du lien avec Jésus-Christ, dans la Foi.

Rameaux - Dimanche - Jésus - Rencontre Pape - Journalistes - DPTN

Lorsque Jésus entre à Jérusalem et entend les aspirations du peuple pour qu’Il devienne roi, la tentation de vénérer les princes idolâtres de ce monde et leurs manières, a dû lui traverser la raison. N’était-ce pas pour le bien du peuple ? D’ailleurs, au début de la vie publique de Jésus, les tentations dans le désert évoquent cette possibilité. Mais, Jésus aurait dû accepter de dépendre d’un autre que Dieu. Or, sa vie ne dépend que de sa relation au Père, comme la notre dépend de notre relation à Dieu. 

L’Eternité a plus de poids que le présent transitoire... 


Ce que Jésus apporte, la « vie éternelle », c’est en fait la vie réelle, dans sa plénitude, dans sa profondeur, dans sa densité qui récapitule les aspects physiques, psychiques et spirituels de notre existence, et qui s’étendra après notre mort de façon transfigurée. Ainsi, lorsque Jésus refuse la confrontation violente avec le monde au point de souffrir dans sa chair, il ne regarde ni à droite, ni à gauche, mais en haut, vers le Père.

Nous connaissons l’ambivalence des médias, celui qu’elles ont encensé, ils le feront souffrir. 

Parce que « dire la vérité, entraîne toujours des conséquences » (M.C).

Père Xavier.

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