mercredi 13 mars 2013

Saint Joseph, précurseur de la Passion




Saint Joseph, par la révélation d’un ange, a pris connaissance du mystère rédempteur : Marie, sous l’action miraculeuse du Saint-Esprit, a engendré « un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21). Comme tant de justes en Israël après maintes tribulations, Joseph attendait la délivrance définitive du péché, la consolation du peuple élu par l’arrivée triomphante du Messie.

Petit à petit, Joseph a approfondi dans  la mission rédemptrice de Jésus ; sans connaître l’événement du Calvaire, le Patriarche de la nouvelle alliance a perçu, à travers les prophéties bibliques, que Jésus porterait les péchés du monde et remporterait la victoire sur Satan.

Joseph n’a pas vu le bois de la croix rédemptrice, mais pendant longtemps il a travaillé sur la même matière. Il a transporté des poutres lourdes, il a assemblé des planches, il a manié les clous en bois ou en fer… D’ailleurs il a dû voir un certain nombre de suppliciés à son époque. Sans le savoir, il était familier du futur autel choisi par le Prêtre Souverain pour la grande expiation.

Saint Augustin signale à trois reprises que la croix du Seigneur a été « la souricière du diable »: le piège pour neutraliser l’ennemi, qui « en attrapant sa chair a été vaincu »  (sermon 265-D §5).

Effectivement, la croix comporte mort, humiliation, anéantissement ; le diable, avide de mort, a ourdi sa stratégie dans ce but, afin de  frustrer la prétention salvifique de Jésus. Mais le Sauveur a accepté le défi, sans reculer devant la haine meurtrière de ses adversaires terrestres et infernaux ; il a « joué le jeu » de l’amour qui délivre.

En acceptant la mort sur la croix, Jésus déjouait le stratagème infernal : sa mort a été le prix du rachat et la porte du triomphe. L’amour a été plus fort que l’enfer. La croix, le piège de la haine.


DPTN - Saint Joseph - Passion du Christ

Robert Campin, fin peintre flamand du début du XVe siècle, a représenté Joseph travaillant dans son atelier de Nazareth ; la scène occupe le panneau droit d’un petit triptyque conçu comme retable ; deux versions sont exposées, respectivement au Musée Royal de Bruxelles et au Metropolitan de New York.


Sur le plan de travail et encore sur l’embrasure de la fenêtre, le peintre a placé deux souricières, en allusion à la métaphore augustinienne. Joseph prépare le piège. Comme fidèle précurseur, il lui a été donné, tel que le rappelait Jean-Paul II en reprenant la tradition, de « participer à l'économie du salut » (Exh. Redemptoris Custos §1).





Par l'abbé Fernandez.

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