lundi 29 avril 2013

Nous sommes là pour l'aider à ouvrir " la porte de la foi "


Les clés de l’amour

L’Agneau Vivant, devenu « le grand berger des brebis » (Hébreux 13, 20), rassemble son troupeau dispersé. Une traînée de lumière se répand de la Madeleine à Cléopas et jusqu’à Pierre, Jacques et Thomas; après eux, plusieurs centaines de disciples ont vu enfin Jésus ressuscité.

Le Sauveur accomplit les dernières volontés du Père : un nouveau peuple est engendré par la Parole évangélique ; une nouvelle alliance est scellée dans l’eau, le sang et l’Esprit ; un nouveau ministère sacerdotal et un commandement nouveau, selon la « démesure » de l’amour du Christ, façonnent l’Église.

La Trinité assure sa cohésion et la pourvoit d’une assise solide « pour que tous soient un » (Jean 17, 21), comme le sont le Père et le Fils dans l’Esprit. Puisque la Trinité aime l’Église, l’une des brebis portera la houlette du seul Pasteur divin, en son nom.

Moïse avait transmis son autorité à Josué (Deutéronome 34, 9) ; Élie, à Élisée (2 Rois 2, 9). Au Thabor, Pierre n’est pas loin du leader et du prophète : il vient d’être élu comme point d’appui de la foi et de l’amour au service de ses frères.

Jésus ressuscité « est apparu à Képhas » (1 Corinthiens 15, 5) avant les autres apôtres. Simon avait reçu ce surnom, hautement significatif par ses liens : à la « Pierre d’Israël » (Isaïe 30, 29), le refuge sûr qu’est Dieu lui-même, source de toute sagesse et puissance ; à la « pierre d’angle » (Id. 28,16) qu’est le Messie pour la maisonnée de Dieu.

L’Époux a pensé depuis longtemps à son Église, qui devra parcourir sur terre le long chemin jusqu’aux noces éternelles. À Césarée il avait été question de foi sur la vraie identité divine de Jésus ; à Génésareth, le dialogue du Ressuscité avec Pierre tourne autour de l’amour et du martyre.

Après les reniements, à Jérusalem, le regard du Sauveur avait déjà arraché de larmes de componction au cœur lâche de Simon ; maintenant, une alliance d’amour est nouée entre le Pasteur Souverain et son apôtre : « Pais mes brebis » (Jean 21, 17). Ainsi, sans ambiguïté, « il l’a institué pasteur de tout son troupeau » (Concile Vatican II, const. dogm. Lumen Gentium §22).

DPTN - Année de la Foi - François - Pape - Benoit XVI
Pierre-Paul Rubens (1614) a mis soigneusement en image le Christ ressuscité confiant à Pierre la primauté de juridiction et de magistère ; la clé symbolique semble jaillir de la plaie de son Cœur.
Le ministère de gouvernement de la nouvelle alliance sera présidé par la logique de la charité : ce sera un « office d’amour » (saint Augustin, Homélies sur l’évangile de Jean, 123), car « le soin pastoral aux brebis du Christ fait partie de l’amour de Dieu » (saint Thomas d’Aquin, Somme de Théologie II-II, q. 185 a. 2).

 La charité pastorale du Christ agit par le zèle des successeurs de saint Pierre : « un dévouement total jusqu'à l'épuisement des forces et, si nécessaire, au sacrifice de la vie »  (Benoît XVI, discours, 1er juin 2006).

Pierre, comme Jésus l’a fait, devra se donner tout entier. « N’oublions jamais que le vrai pouvoir est le service et que le Pape, lui aussi, pour exercer le pouvoir doit entrer toujours plus dans ce service qui a son sommet lumineux sur la Croix » (pape François, homélie, 19 mars 2013).

L’amour au Christ porte à aimer  chaque pape. Prier pour lui est un dû de piété filiale. La prière pour la loyauté de ses collaborateurs fait partie de ce soutien avisé. Le souci de communion consolide l’Église.

Dans cette année de la foi, nous demandons la grâce de comprendre mieux l’épaisseur du ministère pétrinien. S’il donne solidité à chaque membre vivant de l’Église, il réclame en retour reconnaissance et fidélité quotidiennes.
  
« Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux » (Matthieu 16, 19).

Certes, les clés ont été confiées à lui seul ; 
mais nous sommes là pour l’aider à ouvrir « la porte de la foi » .



Par l'abbé Fernandez.






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