vendredi 3 mai 2013

L'Agneau sept fois béni


 Le cœur gros, Abraham gravit la montagne sainte ; Isaac l’interroge sur la victime à offrir ; confiant, le patriarche assure : « Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l'agneau pour l'holocauste » (Genèse 22, 8). Seul le Saint peut fournir une victime sainte, un agneau « de Dieu » parfait. L’Année de la foi éclaire l’holocauste de la nouvelle Pâque  et la gloire du véritable « Agneau » : le Fils qui porte et enlève le péché du monde. Pur et doux, le Christ « est toujours l’Agneau » (saint Augustin, sermon  229-P §4).

L’agneau d’expiation faisait partie de la pâque juive et des prophéties messianiques. Les traditions intertestamentaires  évoquaient un agneau vainqueur du mal et qui régnerait sur les justes. Au baptême de Jésus, Jean Baptiste a perçu dans cette image la personne et la mission Sauveur (Jean 1,29).

Le lendemain, dans les mêmes termes, « l’ami de l’Époux » a présenté le Messie aux premiers disciples. « Voici l'agneau de Dieu » (Jean 1, 36).  La foi des disciples s’éveille et les pousse à suivre le Sauveur. « Jésus se retourne enfin vers eux pour leur montrer son visage » (saint Thomas, Comm. à l’évangile de Jean, 1, lect. 15). Le regard de l’Agneau, vive flamme de vérité et de paix, annonce le rachat attendu. « Dans le Christ, Dieu montre son visage, ouvre son Cœur » (Benoît XVI, enc. Sauvés par l’espérance §4).

Par l’image biblique, la liturgie dévoile les qualités du Rédempteur. Avant la communion, l’Église  présente ainsi le corps de Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu ». Celui qui s’est sacrifié nous est donné, dans une même logique d’amour, en nourriture : il offre son « repas de noces » (Apocalypse 19, 9).

DPTN - Agneau Mystique - Année de la Foi - Messie
 
 
Après la glorification de l’agneau immolé, la ferveur chrétienne bénira sans cesse le rejeton de David, pareil au « jeune lion de Juda » (Genèse 49, 9), plus fort que le vieil lion infernal. Le Prêtre souverain, le Roi universel, l’Auteur de la vie qui n’a pas de fin, mérite bien un chant nouveau : « Tu as racheté pour Dieu, par ton sang, des hommes de toute tribu, langue, peuple et nation. Tu en as fait, pour notre Dieu, un royaume et des prêtres, et ils régneront sur la terre » (Apocalypse 5, 9-10). Le panneau de L’Agneau mystique (frères van Eyck, Gand, 1432), classé au patrimoine mondial, illustre la louange de l’Église autour de la source de vie.

« La foi grandit quand elle est vécue comme expérience d’un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie » (Benoît XVI, Lettre La porte de la foi §7). Par ses œuvres, le croyant bénit l’Agneau. La vie chrétienne déploie, dans le cortège des vertus, un chant de louange au Sauveur. La foi et la contrition, la justice et la vérité, le détachement et la tempérance, le courage pour évangéliser, la miséricorde... tressent une litanie glorieuse.

« Il est digne, l'agneau immolé, de recevoir
puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et louange » (Apocalypse 5, 12). 
 
Cette phrase majestueuse, couronnée par l’Amen, parachève la troisième série de chœurs du Messie : le célèbre oratorio de Haendel qui, au chant de l’Alléluia, avait fait tressaillir le roi George II et, avec lui, l’auditoire entier du Covent Garden de Londres.

Par l'abbé Fernandez.

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