jeudi 13 juin 2013

L'Eglise vivante

Père Daniel Foucher - DPTN - Séminaire - Pologne - Saint Joseph
Le Père Daniel Foucher est prêtre au diocèse de Nantes et fêtera le 29 juin prochain ses 60 ans de sacerdoce. Il a été aumônier dans l’enseignement, directeur de lycée, vicaire à la cathédrale de Nantes, animateur de groupes de jeunes… Il a vécu six ans au milieu d’handicapées à la Baugerie de Saint Sébastien. Il  a  été  délégué diocésain de l’œcuménisme et est engagé dans le dialogue  interreligieux  particulièrement  avec  Juifs, Chrétiens, Musulmans comme membre de la Fraternité d’Abraham et dans l’Association Tibhirine, mais aussi avec laïcs et agnostiques.
 
Il  est  membre de l’Association des Écrivains Catholiques et de l’Association des Écrivains Croyants d’Expression Française. Conférencier, animateur de sessions, retraites et pèlerinages, il a exercé son ministère à Londres (paroisse Sainte Jeanne d’Arc), Rome, Cobourg, Essen, Assiout en Égypte, Jérusalem, Yaoundé, Kinshasa, Haïti, en  Martinique et  à  l’Ile  Saint  Martin  en Guadeloupe, au Canada, au Liban, à Kalisz et à Varsovie, en Pologne, à Bangui, au Séminaire Saint-Marc, au Maroc (moines de Midelt) et en France (Paris et Nantes). Il a vécu un an au Collège Teutonique dans la Cité du Vatican. En liaison avec l’Association « Espérance et Bonne Nouvelle », il publie la collection « Réponses aux Questions » pour éclairer en profondeur les interrogations de nos contemporains. Il appuie toujours son témoignage sur la Bible, lue, relue, revue et corrigée sur le modèle des prophètes et à la lumière souveraine de Jésus-Christ : « On vous a dit... et MOI JE vous dis. »  Il nous livre quelques souvenirs de ses colloques en Pologne ou en Chine….
 

 

HONORER SAINT JOSEPH EN POLOGNE

Pour la 4ème fois, le Père André Laton, vicaire général de Kalisz, sanctuaire national de Saint-Joseph, m’a invité pour participer à un congrès le 11 mai 2013. Voici le titre de ma conférence : « Saint Joseph, modèle de père, d’époux et de la famille ». Vous devinez la brûlante actualité du propos. Parmi les intervenants, le Père Joseph Kryukov, moine orthodoxe. C’est dans son monastère, au nord de Saint-Petersbourg et près du lac Ladoga, qu’a été tourné le beau film : « L’île ». Grâce au Père Pierre qui nous a conduits pendant 350 kms de Varsovie à Kalisz, nous avons pu échanger en anglais.                                                                                                     
À mon arrivée à l’aéroport de la capitale, le Père Jan Konarski m’attendait. Nous avons vécu ensemble deux ans à la paroisse Sainte_Odile à Paris. Il réside dans une paroisse de 8 prêtres. De nombreuses messes suivies avec ferveur. La foi, me dit-on, a besoin d’être structurée et approfondie. Il enseigne la morale au grand séminaire, une centaine d’élèves avec qui nous avons pu partager la prière et le déjeuner.
Il m’a conduit au fameux ghetto de Varsovie où de nombreux Juifs ont été enfermés avant d’être envoyés aux fours crématoires d’Auschwitz. Le musée de la Résistance retrace toute l’énergie que les Polonais ont déployée pour résister aux occupants allemands et russes. Le père de Jan était lui-même un résistant. Quand le vieux et magnifique quartier de Varsovie a été brûlé par les nazis, l’armée rouge de l’autre côté de la Vistule n’a pas levé le pied pour arrêter le massacre. De même à Katyn, la fleur des officiers et de la noblesse polonaise a été assassinée en avril-mai 1940 par les communistes qui ont fini par reconnaître leur responsabilité seulement le 26 novembre 2010 : 22 000 victimes.
J’ai concélébré avec l’évêque au sanctuaire de Kalisz et le lendemain à la cathédrale avec les huit diacres prochainement ordonnés. Tous les ans des rescapés du camp de Dachau viennent accomplir une promesse de reconnaissance. Au moment de l’arrivée des troupes russes, les gardiens nazis exécutaient les prisonniers survivants. Les Polonais on fait à saint Joseph le vœu de venir tous les ans en action de grâce, si leur vie était épargnée.
Prière exaucée. L’Armée Rouge envahissait les lieux le lendemain matin. Ils sont tous rentrés au pays.
Les professeurs du grand séminaire où logent 60 séminaristes ont été d’une grande délicatesse à mon égard. Ils m’ont fait visiter la ville, 100 000 habitants, sur la route de l’ambre, passage obligé pour conduire cette précieuse denrée des États Baltes jusqu’à Rome. Visite d’un château du 19ème siècle marqué par l’influence française.
J’ai pu m’entretenir une heure avec un groupe de focolari, mouvement spirituel fondé par Chiara Lubich. Pendant la 2ème guerre mondiale, elle se consacra au Seigneur et prit pour devise : « Que tous soient un ». À Trente, dans la nuit du 13 mai 1944, sa maison est détruite par un bombardement et elle décida avec ses compagnons de suivre l’Évangile à la lettre au milieu des pauvres. Son procès de béatification est en route.
 
J’ai passé aussi une heure avec les séminaristes qui m’ont demandé de leur partager mon  expérience chinoise dans trois séminaires clandestins où j’enseignai saint Jean et les Actes des Apôtres, avec aussi une retraite pour une congrégation religieuse et des concélébrations chez l’habitant à Beijing (Pékin) et ses alentours.
 
C’est exaltant de découvrir l’Église vivante dans divers pays avec son histoire, ses épreuves, son espérance et son rayonnement.                                           
P. D. Foucher

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