mercredi 22 janvier 2014

Au secours de l’unité des chrétiens

Avant la crucifixion, Jésus est dépouillé de ses vêtements, que les soldats partagent. La tunique sans couture, de grande valeur, sera gardée intègre. Ils se dirent : « Ne la déchirons pas » (Jean 19,24). La tradition, depuis saint Cyprien de Carthage, y a vu le symbole de l’unité de l’Église, l’épouse sainte revêtue « de fin lin, éclatant et pur » (Apocalypse 19,8). « La tunique tirée au sort signifie l’unité de toutes les parties, rassemblée par le lien de la charité… En raison de cette universalité, l’Église est appelée catholique » (saint Augustin, Homélies sur l’évangile de Jean 118 §4). 

Le deuxième millénaire a connu « deux sortes de scissions principales, qui ont affecté la tunique sans couture du Christ » (Concile Vatican II, Décret sur l’œcuménisme  §13). Blessant l’unité du Corps du Sauveur — par hérésie ou schisme —, ces ruptures « ne se font pas sans les péchés des hommes » (Catéchisme §817). Depuis un siècle, tous les chrétiens s’attachent à les réparer. La semaine pour l’unité, du 18 au 25 janvier ou autour de la Pentecôte, mobilise les efforts de prière, conversion et dialogue des frères qui gardent l’heureuse nostalgie d’une seule famille, bien unie autour du Christ et de ses pasteurs légitimes.

« Si nous devions nous demander si tout cela est possible, la réponse serait toujours : oui. La réponse même qu'entendit Marie de Nazareth : parce que rien n'est impossible à Dieu » (Jean-Paul II, encyclique Que tous soient un §102). Marie, icône de l’Église, joue un rôle décisif pour nous pousser dans cette marche ardue et nous obtenir enfin le don souhaité. Dans la communion des saints,  la Mère du Rédempteur secourt les rachetés avec affection efficace : unie à la Trinité et à l’Église, brûlante de charité, Marie mérite le titre de « Secours des chrétiens » (J.-H. Newman, Méditations sur les litanies de Lorette). La Mère veille à ce que tous les membres de la famille s’attachent pour de bon au Fils Unique.
 
Jean-Paul II - François - Benoit XVI - Sainte Vierge - DPTN 
Depuis longtemps Marie est reconnue comme  « secours » des communautés chrétiennes, face aux agressions païennes, en Orient et en Occident. Les litanies de Lorette le proclament : Auxilium christianorum ; le modèle de Maria Hilf (L. Cranach l’Ancien, 1537) s’est répandu dans l’Empire jusqu’à la délivrance de Vienne (1683) ; Pie VII  (en 1815), instaura la fête le 24 mai, jour de son retour à Rome. Les papes l’ont invoqué sans cesse comme Secours fiable : Pie XI, devant l’agression communiste ; Pie XII, à la veille de la guerre ; Benoît XVI et François, pour la vitalité des catholiques en Chine.
Saint Jean Bosco (1862) vit Marie comme une colonne solide pour la barque de l’Église, combattue et par les flots et par les adversaires. Le fondateur lui confia sa tâche et promut le sanctuaire néo-classique de Maria Ausiliatrice à Turin (1868), qui a répandu cette dévotion partout. Dans le chœur, la fresque monumentale de T. Lorenzone exprime cette conviction dans une perspective ecclésiale et apostolique : « Quand la foi est soumise à dure épreuve,  l’Église ressent le besoin de l’intervention maternelle de Marie » (Jean Paul II, Angélus, 31 janvier 1988).

Un besoin qui reste actuel. Le plus grand ennemi reste la division interne. De nos jours, cette invocation peut nous aider à implorer le don précieux de l’unité.   

« Les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais elles sont puissantes devant Dieu » (2 Corinthiens 10,4). Parmi tant de prières mariales en demande de secours, le rosaire a été qualifié, à Fatima, d’arme puissante pour manifester la seigneurie de son  Fils, le seul Chef de l’Église universelle.

 

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