dimanche 26 janvier 2014

Une Mère pour une Église


 
La semaine pour l’unité des chrétiens se déroule à l’unisson de la poignante prière sacerdotale du Fils Unique : « Que tous soient un » (Jean 17, 22), selon l’union des Personnes divines. Proche du Prêtre Souverain, depuis l’instant de l’incarnation, Marie regarde aussi avec tendresse la multitude, parfois déchirée de ses enfants. Le concile Vatican II lui confie l’union des chrétiens : « qu’ils soient enfin heureusement rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu »(Lumen gentium §69).
La Sainte Vierge est mère des membres du Christ, « parce qu’elle a collaboré par la charité à la naissance des fidèles dans l’Église : ceux-ci sont les membres du chef, tandis qu’elle est, dans la chair, la mère du chef » (saint Augustin, La sainte virginité 6,6). La féconde Mère de Dieu est aussi mère bien aimée des rachetés, voire même de l’humanité.
Dans l’une des chapelles latérales de Saint-Pierre au Vatican, une Vierge à l’Enfant est vénérée comme « Mère de l’Église », dans une ancienne fresque, qui se trouvait sur l’un des piliers de la basilique constantinienne ; l’effigie, récupérée au culte, fut insérée dans un riche retable de G. della Porta. 
De Léon XIII à Jean XXIII, plusieurs papes, suivant la tradition des Pères et docteurs, lui ont décerné ce titre de façon occasionnelle. Paul VI le fit de façon définitive à la fin de la 3e session du concile Vatican II, après la promulgation de la constitution sur l’Église, provoquant une salve d’applaudissements parmi les Pères. « Pour la gloire de la bienheureuse Marie et pour notre consolation, Nous proclamons la très sainte Vierge Marie ‘Mère de l’Église’, de l’entier Peuple de Dieu, ainsi des fidèles que des pasteurs, et nous l’appelons notre très chère Mère » (Discours, 21 novembre 1964). Le pape voulait ainsi exprimer son espérance et susciter la dévotion confiante de tous ; il considérait cet acte comme un « bonheur immérité ». Près du Vatican, une église fut dédiée à Marie, Mère de l’Église, en 1966, avec une délicate statue de E. Erini.

Peu après, Paul VI insérait cette conviction dans la profession de foi catholique : « Nous croyons que la très sainte Mère de Dieu, nouvelle Ève, Mère de l'Église, continue au ciel son rôle maternel à l'égard des membres du Christ, en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes des rachetés » (Credo du peuple de Dieu, 30 juin 1968). La liturgie de la messe, entre autre dans la solennité de la Mère de Dieu, proclame sa maternité ecclésiale.
Sainte Vierge - Mater Ecclesiae - Prêtre - Unité des chrétiens - DPTNJean-Paul II, fidèle interprète du concile, expliqua l’ampleur de la maternité mariale dès sa première encyclique : Marie a prêté sa collaboration volontaire à l’incarnation du Verbe, elle a contribué au premier miracle, elle a adhéré su sacrifice rédempteur au Calvaire, elle a rassemblé la prière de l’Église naissante à la Pentecôte. Depuis, « tous les disciples, comme l'apôtre Jean, accueillirent spirituellement dans leurs maisons cette Mère qui se trouve ainsi insérée dans l'histoire du salut et dans la mission de l'Église » (encyclique Le Rédempteur de l’homme, 1979 §22).

 
L’année suivante il ordonna d’inclure le titre Mater Ecclesiae dans les litanies de Lorette, juste après l’invocation « Mère du Christ ». En 1981, une mosaïque, inspirée dans l’icône ancienne, fut installée dans un angle des palais du Vatican, orientée vers le lieu de l’attentat manqué le 13 mai ; le 8 décembre le pape bénissait l’image, avec cette inscription, décorée aussi des armoiries pontificales et la devise Totus tuus 
« L'Église, dans toute sa vie, maintient avec la Mère de Dieu un lien qui, dans le mystère du salut, le passé, inclut le présent et l'avenir, et elle la vénère comme la Mère spirituelle de l'humanité et celle qui nous obtient la grâce » (Jean-Paul II, encyclique La Mère du Rédempteur, 1987 §47).
 
Par l'abbé Fernandez.

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