jeudi 13 février 2014

Sous le regard du Bel Amour


Les cinq continents, y compris dans des pays peu christianisés, commémorent le patron des amoureux : saint Valentin, prêtre martyr (270), dont le  tombeau se trouve hors les murs de Rome, sur la via Flaminia. Sa dévotion se diffusa à partir du pape Gélase I (vers 495) pour contrecarrer des fêtes païennes.

La beauté de l’amour n’a pas besoin d’arguments ; « dans la foi, nous sommes ouverts à l’expérience de l’amour transformant de Dieu pour nous » (pape François, encyclique La lumière de la foi §46).  L’Évangile est un manifeste de l’amour fiable de la Trinité ; le christianisme, une mobilisation d’amoureux de Dieu et du prochain. Dans ce cadre, Notre Dame, par ses relations privilégiées avec la Trinité et avec l’humanité, rayonne avec la majesté de l’amour. Le Roi de l’univers, « est saisi par ta beauté » (Psaume 44,12).


Le Missel romain, depuis 1986, célèbre Marie, Mère du bel amour, avec une messe ad hoc : « Venez, filles de Sion, contempler votre Reine… Le soleil et la lune s’émerveillent de sa beauté » (Antienne d’ouverture). Cette appellation s’enracine dans le sens spirituel des Écritures, approfondi selon la typologie mariale : « Je suis la mère du bel amour, de la crainte de Dieu, de la connaissance et de la sainte espérance » (Sirach 24,24). Parmi les chanoines Prémontrés, le bienheureux Herman, surnommé Joseph (XIIIe s), qui attint les sommets de l’union mystique, la diffusa partout : Office divin, prédication, traités marials. Sous ce titre, relié à sa plénitude de grâce, l’ont invoquée les papes, de Pie XII à François.


Le Dieu vivant, sommet et source de toute beauté, ne craint pas à la diffuser dans ses créatures ; l’homme et la femme, créés à l’image de Dieu, la portent dans l’âme et le corps. Cette beauté, au service de la gloire de Dieu, est amplifiée par le don de la grâce du Christ : l’amour n’est beau que s’il correspond à la vérité de cet amour divin.

« Il n’est pas de femme pareille à toi, si belle et aux paroles si sages » (Judith 11,21). La Vierge Marie a reçu et administré cette beauté dans toute sa vie : sa conception immaculée, l’enfantement du Fils, la compassion au Calvaire ; Dieu l’en a comblée « dans la résurrection du Christ, en la faisant participer à sa victoire et régner dans la gloire avec son Fils, comme mère du bel amour » (Préface). Sa sainteté éminente se déploie dans l’harmonie des vertus : la charité généreuse, l’élégance empreinte de modestie, la fidélité chaste.... « Tu es toute belle, et sans aucune tache » (Cantique 4,7).  


Par l’accueil de Jésus, Marie et Joseph « sont devenus les premiers modèles de ce bel amour dont l'Église ne cesse de demander la grâce pour la jeunesse, pour les époux et pour les familles » (Jean-Paul II, Lettre aux Familles, 1994 §20). Ceux qui s’ouvrent aux premières expériences de l’amour, en vue du mariage, ont en elle une patronne sans égal pour la continence. « Les fiancés réserveront au temps du mariage les manifestations de tendresse spécifiques de l’amour conjugal. Ils s’aideront mutuellement à grandir dans la chasteté » (Catéchisme §2350). La pudeur garantit la vérité du don futur.
Notre Dame du Bel Amour - Saint Valentin - Fiançailles - DPTN
Fort de son discernement pastoral, saint Josémaria signalait que les fiançailles, « comme tout apprentissage d'amour, doivent être inspirées non par le désir de possession, mais par l'esprit de dévouement, de compréhension, de respect, de délicatesse » (Entretiens §105). Le prélat fit sculpter une statue en marbre de la Mère du Bel Amour ; bénie par Paul VI à Rome, pendant le concile Vatican II (1964), elle fut offerte à l’Université de Navarre. En s’adressant sur place aux étudiants, le fondateur de l’Opus Dei rappelait : « J’ai confié vos amours à Sainte Marie, Mère du Bel Amour. Vous avez là-bas la chapelle que nous avons construite avec dévotion dans le campus universitaire, pour qu’elle y accueille vos prières et l’offrande de cet amour, pur et splendide, qu’elle bénit » (Homélie : Aimer le monde passionnément, 8 octobre 1967).

                                                                                                                     

Par l’abbé Fernandez.

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