mardi 4 mars 2014

Le prêtre, vase de l’Esprit


Dans une litanie de compliments, l’auteur sacré loue le grand prêtre Simon. Sa sainteté, fruit de l’élection divine et d’une réponse fidèle, est comparée à « un vase d’or massif orné de toutes sortes de pierres précieuses » (Ben Sira 50,9). Si tout chrétien devrait mériter cet éloge, le prêtre est encore plus pressé de l’atteindre. Puisque le Seigneur lui a confié la dispensation des mystères du salut (1 Corinthiens 4,1), le ministre loyal  nécessite sauvegarder en lui la grâce reçue et se laisser réconcilier avec Dieu.

Le mercredi des cendres ouvre un temps intense dans l’Église : un écho du message de conversion annoncé par le Précurseur et accompli par le Rédempteur.

Le carême, qui prélude la joie de la Résurrection, est une heure de vérité et de transparence. La « seconde conversion » (Catéchisme §1428) est indispensable, si la grâce baptismale a été sérieusement ébréchée par le péché mortel. Pour le fidèle, porteur de « ce trésor dans des vases d’argile » (2 Corinthiens 4,7), la conversion devient tâche permanente.

Le pape François prône la « conversion pastorale » (exhortation La joie de l’Évangile §32) : la purification du cœur devant Dieu s’oriente décidément vers la mission évangélisatrice. Le chrétien est redevable à l’égard de tous ; surtout des pauvres, dont  les pécheurs se trouvent au premier plan.

Nous apercevons nos souillures devant la vie sans tache du Sauveur. Paul VI le proposait, il y  a un demi siècle : « De là naît un désir généreux et comme impatient de renouvellement, c’est-à-dire de corriger les défauts que la conscience, en s’examinant à la lumière du modèle que le Christ nous en a laissé, dénonce et rejette » (encyclique Ecclesiam suam, 1964). Le Saint Esprit met à nu le péché (Jean 16,8) et, par le Sang du Christ, « purifie notre conscience des œuvres mortes pour servir le Dieu vivant » (Hébreux 9,14) : il met en évidence nos torts et donne l’énergie pour les regretter et avouer. La confession de la faute est un pas libérateur qui rajeunit.

« Aussi est-il nécessaire d'éduquer les futurs prêtres à la vertu de pénitence, que l'Église a la sagesse d'inspirer dans ses célébrations et dans les temps forts de l'année liturgique, et qui trouve sa plénitude dans le sacrement de la Réconciliation » (Jean-Paul II, exhortation Je vous donnerai des pasteurs, 1992 §48). Le Consolateur, source de l’esprit de pénitence, est le feu purificateur qui agit dans le sacrement du pardon.

Le prêtre est tenu, en premier, de répondre à cet appel. La qualité de sa vie spirituelle et pastorale en dépend. « Toute la vie du prêtre subit un déclin inévitable si lui-même ne recourt pas de façon régulière et avec une foi et une piété authentiques au sacrement de Pénitence » (Jean-Paul II, exhortation Réconciliation et Pénitence §31). Cela représenterait une source d’amertume, sur le plan personnel, et d’imposture à l’égard de ses frères.
 

 
Dans les litanies de Lorette, Sainte Marie est appelée « vase spirituel », parce qu’elle a accueilli sans contamination les dons et les fruits du Consolateur. Sur l’emplacement d’une ancienne synagogue, l’église du Mont Sion, à Palme de Majorque, garde un tableau de l’Immaculée Conception du peintre baléare Miquel Bestard (1614) ; dans une composition maniériste, riche en symboles, se matérialisent les multiples dons reçus par Marie : bénie par le Père et remplie de l’Esprit, elle déborde de lumière.

 
 
 
 
Comme les vases purs de Cana, Notre Dame a reçu le vin nouveau de l’Alliance éternelle. Plus généreuse que Marie de Béthanie, elle déverse sur le Corps mystique du Christ « un parfum de grand prix » (Matthieu 26,7) et nous assure la purification sincère : « Tu as donné au Messie Prêtre son corps de chair, par l'onction de l'Esprit Saint, pour le salut des pauvres et des hommes au cœur contrit : garde les prêtres dans ton cœur et dans l'Église ! » (Jean-Paul II, exhortation Je vous donnerai des pasteurs §82).

Par l’abbé Fernandez.

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